Sur demande de l’ARS et de l’entreprise VISHAY, Air Pays de la Loire a réalisé une seconde série de mesure dans des logements de Château-Gontier, dans des conditions météorologiques différentes.
Les nouveaux résultats mettent en avant des concentrations conformes aux valeurs guides pour le tétrachloroéthylène dans l’ensemble des logements ; et dans 4 logements sur 8, des concentrations non-conformes en trichloroéthylène (6 lors de la précédente campagne). Une recherche approfondie de l’origine du tétrachloroéthylène permettrait de réduire les concentrations sur l’ensemble des logements. Par ailleurs, les travaux de dépollution engagés par VISHAY après la seconde période de mesure devraient permettre de rétablir une qualité de l’air intérieur satisfaisante en trichloroéthylène dans les logements à proximité du site industriel VISHAY.

contexte

La zone industrielle de Béllitourne et le lotissement de la Chartrie, situés sur les communes de Château-Gontier et Azé, sont marqués par la présence d’une pollution de sol au tétrachloroéthylène et au trichloroéthylène, liée à d’anciennes activités industrielles dont celle de l’entreprise VISHAY.
A la demande de MCB industrie, dans le cadre du rachat par VISHAY, des premiers diagnostics environnementaux ont été effectués par un prestataire privé et ont révélé la présence de trichloroéthylène dans le sous-sol au niveau du site et d’une pollution historique de la zone (riverains et VISHAY) au tétrachloroéthylène. Les études n’ont par ailleurs pas révélé de source de tétrachloroéthylène en provenance du site de VISHAY, produit non utilisé dans le process.
Depuis, VISHAY s’est engagé dans une démarche volontaire de dépollution des sols de son site d’exploitation.
Suite à ces résultats et compte tenu de la présence de riverains dans la zone concernée, la préfecture et l’ARS ont souhaité que le diagnostic soit complété par une étude de l’air intérieur des habitations de la Chartrie.
Dans ce contexte VISHAY et l’ARS ont sollicité Air Pays de la Loire pour réaliser des mesures de composés organohalogénés dans plusieurs habitations, en période froide (février 2017) puis en période chaude (octobre 2017) favorisant théoriquement les émissions en COV du sol par augmentation de la température. Notons qu’un rapport réalisé par Air Pays de la Loire (mars 2017) a permis d’interpréter les résultats de la première période.
Réalisées du 6 au 13 octobre, les résultats de cette deuxième période permettront à la préfecture et à l’ARS d’évaluer  le risque sanitaire induit par l’inhalation des gaz du sol sur deux périodes contrastées de l’année. Au moment des mesures (2ème période) les travaux de dépollution des sols n’étaient pas encore réalisés.

résultats

Le tableau ci-dessous représente la situation des concentrations en tétrachloroéthylène et trichloroéthylène dans chacun des logements instrumentés sur les 2 périodes de mesures, vis-à-vis des valeurs guides sanitaires.

conclusions et perspectives

La seconde évaluation de la qualité de l’air intérieur au sein des logements du lotissement de la Chartrie met en évidence :

  • une évolution des concentrations en tétrachloroéthylène et trichloroéthylène identique au sein des logements ;
  • des concentrations stables ou en baisse dans l’ensemble des logements. Une augmentation des concentrations en polluants est toutefois observée de manière significative dans le logement 8/10 (logement dont le puits est encore utilisé).

Ces variations pourraient être liées à une influence de la météorologie (T°C plus chaude avec moins de précipitations sur la deuxième période), ainsi qu’à un mouvement des nappes polluées.
Les concentrations en tétrachloroéthylène restent conformes aux valeurs guides les plus exigeantes, malgré des résultats supérieurs à la valeur médiane de la campagne logement OQAI. Ces résultats confirment la pollution historique au tétrachloroéthylène.
Les concentrations en trichloroéthylène, bien qu’en baisse dans certains logements (notamment 4 et 6), dépassent la valeur repère du HCSP dans 4 logements sur 8 (dont un seulement dans la cave). 6 logements faisaient l’objet d’un dépassement lors de la première période de mesures.
En octobre, les logements les moins impactés sont les maisons 3B, 5, à proximité de l’établissement VISHAY ainsi que les logements 4 et 6, plus distants de VISHAY, mais proches du logement 8/10 pour lequel une augmentation significative a été observée sur la 2ème période.
Les logements 2, 9 et  8/10 présentant tous les 3 un puits, ainsi que la cave du logement 12 restent les logements les plus impactés.
La présence plus importante de polluants au sein du logement 8/10 sur la deuxième période de mesures suggère un examen approfondi de la situation (aération, interface sol/air, traitement de l’eau de puits).
Ces résultats sont à mettre en lien avec les investigations réalisées mettant en évidence une pollution historique en tétrachloroéthylène dans la zone industrielle, mais dont l’origine n’a pas encore été identifiée, se dégradant dans le sol en trichloroéthylène. Une recherche approfondie de l’origine du tétrachloroéthylène permettrait de réduire les concentrations sur l’ensemble des logements.
Par ailleurs, les travaux de dépollution engagés par VISHAY après la seconde période de mesures devraient permettre de rétablir une qualité de l’air intérieur satisfaisante en trichloroéthylène dans les logements à proximité du site industriel VISHAY.