Ce document est une synthèse commentée des résultats de BASEMIS®,  l’inventaire des consommations d’énergie, productions d’énergie renouvelable, émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques en Pays de la Loire. Calculé par secteur d’activité, par usage et par type d’énergie, il est disponible pour chaque année de 2008 à 2018.

contexte et objectifs : BASEMIS®, un outil au service de la transition énergétique et environnementale des territoires

BASEMIS® est l’inventaire des consommations d’énergie, productions d’énergie renouvelable, émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques en Pays de la Loire. Calculé à l’échelle communale, par secteur d’activité, par usage et par type d’énergie, il est disponible pour chaque année de 2008 à 2018. Il est l’outil de référence pour le diagnostic air-énergie-climat des territoires et pour le suivi des plans d’actions (PCAET, SRADDET, PLU…).
En effet, élaboré selon un standard national (guide PCIT2 validé par le ministère en charge de l’environnement et le guide national OMINEA du CITEPA) BASEMIS® répond aux exigences de la loi de transition énergétique en matière de vérifiabilité et de comparabilité. Il intègre par ailleurs les consommations de biomasse des installations en Pays de la Loire et leurs émissions associées, les puits de carbone et les émissions indirectes afin de permettre aux collectivités un pilotage ciblé et intégré de leurs politiques de maîtrise de l’énergie et d’amélioration de la qualité de l’air.
Il constitue un point de départ pour de nombreux projets de modélisation ou de prospectives portés par Air Pays de la Loire, par exemple lors du calcul de l’exposition des populations urbaines à la pollution de l’air.


La 6ème version de BASEMIS® couvre deux années supplémentaires par rapport à la version précédente. Cette version utilise par ailleurs de nouvelles données de proximité, telles que des comptages des consommations d’électricité et de gaz fournis par les gestionnaires des réseaux de transport et de distribution, des consommations de bois des chaufferies en fonctionnement ou encore des données détaillées d’effectifs salariés. De nombreuses évolutions méthodologiques améliorent et modifient également l’inventaire : prise en compte d’un nouveau format des consommations d’énergie pour l’année 2018 (électricité et gaz qui ont une influence sur la sectorisation des consommations d’énergie), mise à jour des facteurs d’émissions, distinction plus fine des différents postes d’émissions, traitement cartographique des réseaux de transports, etc.
Cette démarche d’amélioration continue des inventaires territoriaux s’inscrit dans une coordination nationale, au sein de la fédération ATMO France, afin de renforcer la comparabilité des inventaires régionaux, de partager les bonnes pratiques en matière d’intégration de données locales, et de favoriser les approches ascendantes.

résultats : inventaire des consommations d’énergie

Les consommations d’énergie finale de la région s’élèvent à 91,6 TWh en 2018.
Les transports routiers, le résidentiel et l’industrie sont les plus gros consommateurs et représentent respectivement 35 %, 25 % et 20 % des consommations d’énergie finale.


Avec 44 % des consommations d’énergie finale, les produits pétroliers représentent le principal combustible utilisé dans la région en 2018. Le poids du pétrole est principalement dû au secteur des transports routiers dans lequel il est largement majoritaire.
Les consommations finales d’énergie de la région sont restées globalement stables sur la période 2008 à 2018 aux environs de 90 TWh, en particulier en raison de l’équilibre entre amélioration de la performance énergétique des bâtiments et des véhicules et augmentation de la population (+0,7 % en moyenne par an depuis 2008) et de l’activité. Les variations de consommation d’énergie sont également corrélées à la rigueur climatique qui impacte principalement les secteurs résidentiel, tertiaire et dans une moindre mesure l’industrie.

résultats : inventaire des émissions de gaz à effet de serre

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la région représentent 31 MteqCO2 en 2018.


L’agriculture et le transport routier sont les deux principaux secteurs avec respectivement 28 et 26 % des émissions de GES totales. À noter que le émissions de GES du secteur agricole sont principalement d’origine non-énergétique, en raison des importantes émissions de méthane de l’élevage et de protoxyde d’azote par la fertilisation des cultures.
Malgré l’importance des émissions non-énergétiques de l’agriculture, la combustion est la principale source d’émissions de gaz à effet de serre, le CO2 en premier lieu (64 % des émissions, presque exclusivement de source énergétique). La raffinerie de Donges et la Centrale thermique de Cordemais représentent 13 % des émissions totales de GES de la région.
Méthane et protoxyde d’azote couvrent à eux deux plus de 32 % des émissions de GES. Les gaz fluorés représentent moins de 3 % du total des émissions de GES (exprimées en tonnes équivalent CO2).
A contrario d’une stabilité des consommations d’énergie sur la période considérée, à l’échelle de la région, une décroissance des émissions de GES est observée passant de 34 MteqCO2 en 2008 à 31 MteqCO2 en 2018. Les raisons principales sont la diminution des consommations d’énergie fortement carbonées comme le charbon de la centrale thermique de Cordemais, des véhicules de plus en plus performants et un mix énergétique utilisé dans la région qui est de moins en moins carboné (passage de combustibles fossiles à de l’électricité ou de produits pétroliers à du gaz naturel).
Les émissions indirectes liées à la production d’électricité et de chaleur (scope 23), sont estimées à 1,4 MteqCO2 en 2018. Les puits de carbone représentent quant à eux une absorption annuelle de 2,7 Mt de CO2, soit quasiment autant que les émissions liées à la combustion de biomasse.

résultats : inventaire de production d’énergie renouvelable


La production d’énergie renouvelable de la région des Pays de la Loire représente 11,6 TWh en 2018, valorisée sous forme de chaleur (pompes à chaleur, solaire thermique), d’électricité (hydraulique, éolien, solaire photovoltaïque) et de combustibles renouvelables valorisés énergétiquement (biogaz, déchets ménagers, biocarburants, bois-énergie).
La production d’énergie renouvelable régionale a augmenté de 81 % entre 2008 et 2018, principalement en raison du fort développement des chaufferies bois (environ 3 fois plus de chaufferies biomasse entre 2008 et 2018), de l’éolien et des pompes à chaleur (PAC).
La part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale de la région a atteint 13 % en 2018, contre 7,5 % en 2008.
À noter un changement méthodologique entre la version 5 et la version 6 de BASEMIS pour la prise en compte des consommations de bois énergie du secteur résidentiel qui conduit à diminuer l’estimation des consommations de bois énergie dans cette version 6.

résultats : inventaire des émissions de polluants

Les particules de type PM10 proviennent de l’agriculture (émissions non énergétiques : labours, moissons…) et de la combustion. Elles ont diminué de 23 % entre 2008 et 2018. À noter que pour les particules de type PM2.5, c’est le secteur des transports routiers qui est le plus contributeur à l’échelle régionale.
L’ammoniac est très majoritairement émis par le secteur agricole. Les émissions de ce composé sont restées stables sur la période.
Les émissions de dioxyde de soufre ont diminué de plus de 53 % depuis 2008, en lien avec la moindre utilisation de combustibles soufrés, les moyens de dépollution mis en place dans le raffinage du pétrole et la diminution de la teneur en soufre des combustibles.
Les émissions d’oxydes d’azote ont diminué de 36 % entre 2008 et 2018. Ce polluant est principalement issu de la combustion automobile.
Enfin les émissions de composés organiques volatils comme celles de monoxyde de carbone ont diminué de respectivement de 30 % et 33 % depuis 2008. Le premier est majoritairement issu de l’utilisation de solvants industriels et domestiques, le second est majoritairement issu du secteur résidentiel où des appareils de combustion notamment au bois sont moins performants.

conclusion : l’observation du territoire pour une meilleure efficacité des politiques publiques

BASEMIS permet d’observer un territoire régional marqué par de forts contrastes entre zones urbaines et rurales et des secteurs agricole et du transport importants. Alors que les consommations d’énergie sont relativement stables autour de 90 TWh depuis 2008, les émissions de gaz à effet de serre sont en diminution sur la même période passant de 33 MteqCO2 en 2008 à 31 MteqCO2 en 2018. Le secteur de la branche énergie est le principal acteur de cette baisse.
Hors branche énergie, des diminutions des émissions de GES sont constatées pour le tertiaire, l’industrie, le résidentiel et l’agriculture. Les émissions de GES du transport routier sont quant à elles en légère augmentation depuis 2008, et ce malgré l’amélioration globale du parc roulant.
Les émissions de polluants atmosphériques sont globalement en baisse depuis 2008 : -53 % pour le SO2, -36 % pour les NOx, - 33 % pour le CO, -30 % pour les COVNM et -23 % pour les particules de type PM10. En revanche les émissions de NH3 liées à la fertilisation des sols sont stables sur le territoire depuis 2008. Les émissions de NH3 du secteur industriel sont en forte baisse depuis 2008 de par l’amélioration des process mis en œuvre.

bas de page :
2 Pôle de Coordination nationale sur les Inventaires Territoriaux, co-élaboré par le CITEPA, l’INERIS et la fédération
ATMO France : http://www.lcsqa.org/system/files/evenement/Guide_methodo_PCIT_complet_juin2018.pdf,
3 Scope 2 : prise en compte des émissions de CO2 indirectes liées à l’utilisation de l’électricité et de la chaleur.