contexte

Pour limiter la propagation du virus COVID-19, les mesures de confinement ont été mises en place à l’échelle nationale à partir du mardi 17 mars 2020.
Air Pays de la Loire réactualise chaque semaine l’impact des mesures de restriction d’activité sur la qualité de l’air à l’échelle de la région. Ce document présente l’impact pour la période du 30 mars au 6 avril 2020.

à savoir

Pour les explications relatives aux sources d’émissions des polluants ainsi qu’à la différence entre émissions et concentrations et à la méthodologie d’évaluation de l’impact du confinement, se reporter à l’annexe (fichier joint).

Les améliorations estimées sont à prendre comme des ordres de grandeur.

une amélioration qui se stabilise

estimation, en moyenne sur les sites urbains des Pays de la Loire, des réductions de concentrations en polluants sur les périodes du 16 au 20 mars 2020 (S1), du 23 au 27 mars (S2) et du 30 mars au 3 avril (S3)

 

estimation, sur le site du Bd Victor Hugo à Nantes (site de trafic), des réductions de concentrations en polluants sur les périodes du 16 au 20 mars 2020 (S1), du 23 au 27 mars (S2) et du 30 mars au 3 avril (S3)

De la première à la deuxième semaine de confinement, la qualité de l’air s’améliore encore sensiblement, le respect par la population des mesures de restriction devenant effectif.

De la deuxième à la troisième semaine, l’amélioration se stabilise, conséquence d’un ancrage de la baisse d’activité.

évolution fine des concentrations en polluants

Les graphiques suivants représentent l’évolution, entre le 9 mars et le 3 avril, des concentrations journalières réelles en polluants mesurées sur les sites urbains, le site de trafic du Bd Victor Hugo à Nantes et les sites ruraux, en moyenne dans les Pays de la Loire (pas de correction des effets de la météorologie).

dioxyde d’azote

évolution des moyennes journalières en dioxyde d'azote

A partir du 22 mars, la pollution au dioxyde d’azote en bordure du Bd Victor Hugo à Nantes (axe routier habituellement très fréquenté) est proche de celle observée dans les zones urbaines à l’écart des rues et atteint parfois les niveaux en milieu rural. Sauf le 3 mars où un pic est observé : il s’explique par une forte inversion de température ce jour-là qui a bloqué les polluants au sol. Cette élévation a également été relevée sur des sites urbains comme celui de la Roche-sur-Yon (ce graphique représente la moyenne régionale). Dans le cas du Bd Victor Hugo, aucune augmentation du trafic routier n’a été mesurée le 3 avril (source : Nantes Métropole).

particules fines PM10

évolution des moyennes journalières en particules fines PM10

  • la pollution aux particules PM10 augmente après le 16 mars et jusqu’au 28 mars en raison de conditions anticycloniques défavorables à la dispersion des polluants et propices à la formation de particules liées, en ce début de printemps, au secteur agricole (épandages) ainsi qu’au chauffage au bois. En particulier le 28 mars, les concentrations en PM10 dépassent le seuil d’information-recommandation fixé à 50 µg/m3 ;
  • cette situation est décorrélée de la mise en place du confinement, ces sources de particules étant peu ou pas liées aux restrictions d’activités mise en place, mais majoritairement à des phénomènes d’import de pollution extérieure à la région ;
  • les niveaux de particules après le 16 mars auraient généralement légèrement plus élevés si les conditions de trafic avaient été celle d’un trafic normal (mais pas le 28 mars en raison d’une origine de la pollution exogène).

 

particules très fines PM2,5

évolution des moyennes journalières en particules fines PM2,5

 

  • la pollution aux particules PM2,5 augmente après le 16 mars pour les mêmes raisons que pour les PM10 (conditions anticycloniques favorables à la stagnation de particules très fines produites par les secteurs agricole et résidentiel avec une proportion importante de pollution extérieure, en particulier le 28 mars) ;
  • sans la réduction du trafic liés au confinement, les concentrations en PM2,5 auraient été en général légèrement plus élevées (sauf le 28 mars).

 

info en +

« Pourquoi parle-t-on d’une amélioration de la qualité de l’air du fait du confinement alors qu’il y a eu un pic de pollution la journée du 28 mars ? »

Un pic de pollution est souvent la conjugaison de plusieurs facteurs : des émissions de polluants (localement et sur d’autres territoires), des conditions météorologiques propices à l’accumulation de la pollution dans l’air et au transport de polluants à longue distance.

Le pic de pollution dû aux particules fines PM10 du 28 mars dernier a concerné la région des Pays de la Loire et une partie du Nord de la France (Bretagne, Hauts-de-France, Ile-de-France, Normandie, etc.).
Cet épisode est lié à un import de particules fines en provenance des pays d’Europe centrale, certainement liées aux activités agricoles (épandages), au chauffage et à l’érosion des sols.

Étude de l’origine des masses d’air le 28 mars 2020   ©National Weather Service - États-Unis


Dès le dimanche 29 mars, la modification de l’origine des masses d’air (Arctique, Mer du Nord) ont permis une baisse très rapide des concentrations de particules fines PM10.

Les résultats de l’impact du confinement sont à prendre comme des ordres de grandeur établis à partir de la comparaison avec une situation sans confinement. Ces résultats sont obtenus après trois semaines de restriction d’activité et sont réactualisés régulièrement par Air Pays de la Loire.

La prochaine mise à jour permettra d’indiquer si la stabilisation de l’amélioration perçue durant la troisième semaine se confirme. Un bilan final sera réalisé au moment de la levée totale des restrictions d’activité et proposera des zooms spécifiques sur les grandes agglomérations des Pays de la Loire.

annexe : à savoir

Consultez les annexes dans le fichier téléchargeable en haut de page.