Sur demande de l’ARS et de l’entreprise VISHAY, Air Pays de la Loire a réalisé des mesures de tétrachloroéthylène et trichloroéthylène dans des logements de Château-Gontier en raison d’une pollution des sols. Pour ce qui concerne le tétrachloroéthylène, les résultats montrent des concentrations conformes. Pour le trichoroéthylène, les niveaux mesurés dépassent la valeur repère du HCSP dans 6 logements sur 8, tout en restant conformes aux valeurs ANSES et OMS ; dans une cave, ces niveaux sont supérieurs à la valeur d’action rapide du HCSP, conduisant à préconiser des actions correctives.

La zone industrielle de Béllitourne et le lotissement de la Chartrie, situés sur les communes de Château-Gontier et Azé, sont marqués par la présence d’une pollution de sol au tétrachloroéthylène et au trichloroéthylène, liée à d’anciennes activités industrielles dont celle de l’entreprise VISHAY.
A la demande de MCB industrie, dans le cadre du rachat par VISHAY, des premiers diagnostics environnementaux ont été effectués par un prestataire privé et ont révélé la présence de trichloroéthylène dans le sous-sol au niveau du site et d’une pollution historique de la zone (riverains et VISHAY) au tétrachloroéthylène. Les études n’ont par ailleurs pas révélé de source de tétrachloroéthylène en provenance du site de VISHAY, produit non utilisé dans le process.
Depuis, VISHAY s’est engagé dans une démarche volontaire de dépollution des sols de son site d’exploitation.
Suite à ces résultats et compte tenu de la présence de riverains dans la zone concernée, la préfecture et l’ARS souhaitent que le diagnostic soit complété par une étude de l’air intérieur des habitations de la Chartrie.
C’est dans ce contexte que VISHAY et l’ARS ont sollicité Air Pays de la Loire pour réaliser des mesures de composés organohalogénés dans plusieurs habitations, et les interpréter.
Réalisées du 2 au 9 février, en comparaison aux valeurs guides de référence, les résultats permettront à la préfecture et à l’ARS d’évaluer  le risque sanitaire induit par l’inhalation des gaz du sol.

résultats

conclusions et perspectives

L’évaluation de la qualité de l’air intérieur au sein des logements du lotissement de la Chartrie met en évidence :

  • des concentrations en tétrachloroéthylène conformes aux valeurs guides les plus exigeantes, malgré des résultats supérieurs à la valeur médiane de la campagne logement OQAI : une pollution historique au tétrachloroéthylène est confirmée.
  • des concentrations en trichloroéthylène, dépassant la valeur repère dans 6 logements sur 8, et dépassant la valeur d’action rapide dans une cave, mais inférieures aux valeurs OMS et ANSES.

Au regard des concentrations mesurées, les logements les moins impactés sont les maisons 3B et 5, situé rue de Romainville, qui d’après les études réalisées par les prestataires extérieurs sont sous le panache de la source connue de VISHAY.
Les logements 2, 9, 8/10, ainsi que la cave du logement 12 sont les plus impactés par les teneurs en trichloroéthylène. Par ailleurs, bien que conformes aux valeurs guides, les concentrations en tétrachloroéthylène les plus importantes sont également observées dans ces logements, notamment dans les maisons 2, 9 et dans la cave du logement 12. Ce phénomène n’est pas identifié dans les logements 3B et 5. D’après les investigations réalisées, le trichloroéthylène détecté dans les logements les plus impactés pourrait provenir de la dégradation dans le sol du tétrachloroéthylène (pollution historique) en trichloroéthylène.  
La présence de cave et/ou de puits pourrait ainsi faciliter le transfert de la pollution du sol  vers l’air intérieur des logements.
Pour mieux comprendre le transfert des polluants dans certains logements, un examen approfondi des liaisons logement/cave et logement/puits est préconisé par l’intervention d’un bureau de contrôle, ou organisme chargé de la dépollution des eaux et des sols.
Enfin, en lien avec le dépassement de la valeur d’action rapide, il est préconisé de mettre en place rapidement des actions correctives afin d’abaisser les concentrations en trichloroéthylène dans la cave du logement 12 (étanchéité des interfaces, ventilation renforcée de la cave, détournement des sources d’entrée de polluants).