Air Pays de la Loire a lancé en 2015, en Basse-Loire, avec des associations de riverains, des industriels, des élus et l’appui de la société Osmanthe, un programme de suivi des odeurs visant à diagnostiquer puis, à long terme, à améliorer la situation odorante de plusieurs communes (Donges, Montoir-de-Bretagne, Paimbœuf, Corsept). A l’issue de la 5ème année de veille olfactive, Air Pays de la Loire dresse un bilan de l’évolution des odeurs sur le territoire sur l’ensemble de la période de veille de mai 2015 à avril 2020.

Air Pays de la Loire a lancé en 2015, en Basse-Loire, avec les associations de riverains, les industriels, les élus, et l’appui de la société Osmanthe, un programme de suivi des odeurs visant à diagnostiquer puis, à long terme, à améliorer la situation odorante de plusieurs communes.
Une première équipe de 15 nez bénévoles a été recrutée puis formée à la méthode du langage des nez® en 2015. 8 nez bénévoles sont venus la compléter en 2018 afin d’obtenir une meilleure couverture géographique et remplacer les départs de 4 nez de la première équipe. Entre mai 2015 et avril 2020, de 15 à 19 nez bénévoles ont ainsi participé à la veille olfactive en Basse-Loire.
Leur travail d’olfaction a permis de :

  • objectiver la situation odorante de la zone d’étude ;
  • faire un état des lieux des perceptions olfactives sur le territoire de la Basse-Loire et un suivi dans le temps de la qualité odorante de l’air ;
  • établir des liens entre les sources des odeurs et les observations pour agir au niveau des sites contributeurs.

Des bilans annuels sont établis afin de rendre compte de cette veille olfactive. Les résultats issus de ces bilans sont présentés lors d’une réunion associant les nez bénévoles, les industriels et les collectivités et sont accessibles sur le site internet www.airpl.org.
A l’issue de la cinquième année de veille olfactive, Air Pays de la Loire dresse un bilan de l’évolution des odeurs sur le territoire sur l’ensemble de la période de veille : du 1er mai 2015 au 30 avril 2020.

les journées odorantes

Les nez bénévoles, grâce à leur travail régulier et rigoureux, ont enregistré 2007 perceptions lors de la veille olfactive. A noter que la première et la troisième années sont les plus odorantes (respectivement 30 % et 23 % des perceptions).
50 % des journées sont odorantes, sur l’ensemble de la période, quelle que soit l’intensité des odeurs. Ce pourcentage a diminué les quatrième et cinquième années. Plusieurs phénomènes pourraient expliquer cette diminution : la baisse du nombre de nez actifs et les actions des établissements industriels en faveur de la réduction des nuisances olfactives.

les intensités des perceptions

Sur les 2007 perceptions réalisées pendant la veille olfactive, 23 % sont de forte intensité. Cette part a augmenté progressivement au fil des années : 8 % la première année contre 49 % la cinquième en lien avec une baisse sensible du nombre d’olfactions de faible intensité.
Ces olfactions dites gênantes font l’objet d’un signalement d’Air Pays de la Loire auprès des entreprises partenaires de la démarche. La répartition des émetteurs pendant ces cinq années est la suivante :

  • 49 % sont liées à la raffinerie (majoritaire les quatre premières années de la veille) ;
  • 43 % à Cargill France (majoritaire la cinquième année) ;
  • 8 % à d’autres sources.

les notes rencontrées

  • soufrées : 44 %, constituant le fond odorant de la zone d’étude en lien principalement avec l’activité de la raffinerie (odeurs perçues à faible intensité), notes les plus senties les quatre premières années de veille olfactive ;
  • sulfurol : 34 %, représentative de Cargill France, note la plus sentie la cinquième année ;
  • phénolées, pyrogénées : 16 %, dont les origines sont communes à Total Raffinage France et Cargill France, ou liées à d’autres sources situées dans la zone. La part est variable en fonction des années, entre 8 % et 26 % des perceptions annuelles ;
  • autres : 6 %, pouvant provenir de l’environnement de la Basse-Loire (épandage), comprenant des perceptions irritantes pouvant provenir des émissions des industriels dont principalement Yara.

les actions des émetteurs

Pour poursuivre l’amélioration de la situation odorante sur la zone d’étude, les principaux émetteurs Total Raffinage France et Cargill France s’engagent et œuvrent dans la mise en place d’actions correctives à court, moyen et long terme.
Au sein de la raffinerie, diverses actions ont été menées comme la gestion du traitement des boues huileuses, la limitation des débits et surveillance des chargements de navires, etc. Par ailleurs, en interne, la raffinerie de Donges a mis en place, début 2018, la structuration actuelle de la lutte contre les nuisances. Cela s’est traduit par l’identification plus importante des origines des signalements par la suite.
Cargill France a investi dans un système de traitement des odeurs et un système d’optimisation du lavage de gaz sur ces deux ateliers les plus odorants afin d’abattre 95 % des odeurs. Depuis, des recherches sont en cours et ciblent particulièrement les émissions de sulfurol.

les perspectives

L’année 2020 marque une nouvelle étape du programme ODOBAL. Durant deux ans, la veille olfactive sera mise en pause ce qui ne signifie pas un arrêt de la démarche. Durant cette période,

  • les nez continueront à bénéficier, sur une base volontaire, de formations d’entretiens régulières et d’un programme d’animation dédié de manière à maintenir une dynamique et les compétences en vue de la reprise ultérieure des olfactions ;
  • les industriels partenaires poursuivront leurs actions et leurs investissements pour limiter l’emprise odorante (modernisation de la raffinerie avec notamment la mise en place d’une unité de désulfurisation à l’horizon 2023, objectif de traitement des émissions de sulfurol par Cargill France, …). Air Pays de la Loire accompagnera en tant que de besoin ces démarches.

La veille olfactive reprendra, en concertation avec les nez et les industriels, en janvier 2023 au plus tard de manière à évaluer les progrès réalisés. Les modalités de la veille olfactive évolueront probablement avec des campagnes plus courtes mais plus complètes (prenant en compte toutes les intensités) et un rythme piloté en fonction des investissements sur les unités industrielles.