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l'épisode poussières du 12 et 13 février 2002[13/02/2002] (actualités - particules)
Air Pays de la Loire mesure en permanence les concentrations en poussières fines (PM10) sur l’ensemble des agglomérations de la Région (St Nazaire, Nantes, Angers, le Mans et Cholet). |
Evolution temporelle des concentrations en poussières fines mesurées dans les Pays de la Loire
Les niveaux de poussières ont rapidement augmenté pour atteindre en fin de soirée et début de nuit des concentrations de l’ordre de 80 à 120 µg/m3 selon les agglomérations. Les maxima ont été atteints d’abord à St-Nazaire puis à Nantes puis simultanément à Cholet et Angers et enfin au Mans. Air Pays de la Loire a prévenu les pouvoirs publics afin que ceux-ci mettent en œuvre les procédures d’information à destination des publics sensibles.
Les niveaux ont ensuite diminué lentement jusqu’en milieu de journée du 13. A ce moment une baisse très rapide des concentrations a été enregistrée pour atteindre des niveaux très faibles (inférieures à 20 µg/m3) en une demi-heure (cf. graphique ci-dessus).
Ce phénomène n’est pas spécifique aux Pays de la Loire mais a été aussi enregistré dans d’autres régions françaises, comme la Bretagne, la Haute et Basse Normandie, la Région Centre, l’Auvergne, l’Ile de France…
Un phénomène d’une telle ampleur ne provient pas d’émissions locales de pollution. Il prend sa source dans des transports à longues distances de poussières naturelles. C’est pourquoi, Air Pays de la Loire a sollicité Météo France afin de mieux cerner l’origine des masses d’air qui ont atteint les Pays de la Loire dans la soirée du 12 février.
Le centre départemental de Loire-Atlantique a fourni des photos satéllitales pour les journées du 10 ,11 et 12 février à 12 TU ainsi que des rétrotrajectoires pour les journées du 12 et 13.
Le 10 février, de violents vents d’Est soufflent au niveau du désert mauritanien et soulèvent des quantités importantes de sable vers le large de la Mauritanie (flèches blanches sur le cliché).
Composition colorée à partir des mesures du satellite Météosat prise le 10 février à 12 TU
Le 11 février, ce nuage se propage et s’étend vers l’Ouest (de l’Ouest du Maroc jusqu’au Sud-Est des îles Canaries). A ce moment il n’y avait aucune raison que ces poussières se retrouvent en France…
Composition colorée à partir des mesures du satellite Météosat prise le 11 février à 12 TU
Le 12 un système dépressionnaire situé à proximité des Açores (flèche verte) va " incorporer " ce nuage de sable en son sein ; le nuage de sable étant localisé au niveau du secteur chaud situé en avant du système. Cette perturbation va ensuite remonter vers le Nord-Est en contournant l’Espagne et arriver dans un premier temps sur le littoral atlantique puis rentrer dans les terres.
Composition colorée à partir des mesures du satellite Météosat prise le 12 février à 12 TU
Ceci explique alors pourquoi la hausse brutale en poussières a été enregistrée d’abord à St- Nazaire puis à Nantes puis à Angers et Cholet et enfin au Mans.
Origine des masses d'air atteignant Nantes le 12 février en fin de soirée
Le 13 février en milieu de journée nous assistons à une baisse très importante des concentrations qui débute à St-Nazaire puis se poursuit à Nantes, Angers et enfin Le Mans et Cholet.
Cette chute est complètement synchrone avec le changement de direction de vents (cf. graphique) enregistrés par les stations de Météo France à St-Nazaire , Nantes, Angers, et le Mans. Les vents de Sud-Ouest sont passés au Nord-Ouest en moins d’une heure. Ce changement brusque de direction est dû à l’arrivée du front " froid " de la perturbation. Or les masses d’air postérieures au front froid proviennent non plus de l’Ouest de l’Afrique mais de l’Atlantique Nord (cf. carte) et sont donc dépourvues de poussières sahariennes.
Evolution temporelle de la direction des vents mesurés au sol
Origine des masses d’air après le passage du front “froid de la dépression
Air Pays de la Loire tient à remercier Météo France et particulièrement le centre départemental de Loire Atlantique, le centre de Météorologie spatiale de Lannion et d’autres services associés pour leurs collaborations à cette étude.