Cette étude s'inscrit dans le cadre d'une opération de mesure et sensibilisation sur les liens entre combustion de biomasse et qualité de l'air soutenue par l'ADEME et la DREAL. Ce document présente les résultats de la campagne menée à Savenay et à Nantes pendant l'hiver 2015/2016, à savoir : des niveaux de particules fines inférieurs à la normale en raison d'un hiver doux et plus élevés à Nantes qu'à Savenay ainsi que l'importance de la contribution de la biomasse pendant un épisode de pollution aux particules fines à Nantes.

contexte

Pour améliorer la qualité de l’air et réduire les différents impacts, il est nécessaire d’agir sur plusieurs sources de pollution, parmi lesquelles le chauffage au bois individuel non performant qui peut fortement dégrader la qualité de l’air en période hivernale.

Cette évaluation de la qualité de l’air s’inscrit plus largement dans une opération de sensibilisation sur les liens entre la combustion de biomasse et la qualité de l’air et la réduction de son impact, principalement à destination du grand public.

Avec le soutien financier de l’ADEME et de la DREAL des Pays de la Loire, Air Pays de la Loire a évalué les niveaux de particules PM10 et PM2,5 et des indicateurs de la combustion de biomasse en zone rurale à Savenay et en zone urbaine à Nantes de la mi-décembre 2015 à la mi-février 2016.

particules fines et santé

La pollution de l’air extérieur par les particules est classée cancérogène certain pour l’homme par l’organisation mondiale de la santé.

Même à faible concentration, la pollution aux petites particules a une incidence sanitaire ; en effet, aucun seuil au-dessous duquel elle n’affecte en rien la santé n’a été identifié. C’est pourquoi, il est préconisé d’œuvrer à limiter au maximum les niveaux de concentration en particules en suspension.

2500 décès prématurés pourraient être attribués aux particules PM2,5 en Pays de la Loire chaque année, et 48 000 en France  (source Santé Publique France, 2016).

l’origine des particules

En Pays de la Loire, le chauffage au bois domestique non performant est responsable d’un quart des émissions de particules très fines PM2,5.

Près de la moitié du parc national domestique d’appareils de chauffage au bois serait qualifié de non-performant et donc polluant. A eux seuls, ils émettraient 80 % des particules fines issues du chauffage au bois individuel (source : Ademe).

les niveaux de particules en Pays de la Loire

nombre de jours concernés par une procédure d'information ou d'alerte du public pour un épisode de pollution aux particules fines PM10 en Pays de la Loire

historique de la pollution moyenne annuelle par les PM2,5 à Nantes

dispositif de mesure

  • 2 sites de mesure : Savenay et Nantes ;
  • 2 mois de mesure ;
  • Mesures de PM10, PM2,5 et black carbon, marqueurs de la combustion.

un hiver historiquement doux peu propice à l’usage du chauffage au bois

Selon Météo-France, l’hiver 2015-2016 a été le plus chaud depuis 1900 en France.

résultats

Des niveaux moyens de particules PM10 :

  • nettement inférieurs à la normale ;
  • plus importants à Nantes qu’à Savenay.

Avec une concentration de particules PM10 de 18 µg/m3 en moyenne durant la campagne de mesure en fond urbain à Nantes, la baisse constatée est de plus de 20 % par rapport aux hivers précédents. Les niveaux de pollution ne sont donc pas représentatifs de ceux habituellement constatés. Dans ces conditions, la pollution moyenne particulaire mesurée à Savenay est 20 % plus faible qu’à Nantes et probablement plus faible que dans des conditions météorologiques plus rigoureuses.

L’influence de la combustion de biomasse sur les concentrations de particules est plus marquée à Nantes qu’à Savenay en lien avec des usages et un parc de chauffage domestique différents, probablement plus vieillissant en zone urbaine dense ainsi que sur des volumes d’émissions en provenance du secteur résidentiel plus importants à Nantes. Néanmoins, dans son étude d’impact de la combustion de biomasse sur les concentrations de PM10 , le LCSQA rappelle que le chauffage résidentiel au bois reste une source importante de particules en milieu rural.
 La modernisation du parc d’appareils de chauffage au bois (mesure n°34 du Plan d’Urgence pour la Qualité de l’Air) doit donc rester une action prioritaire pour améliorer la qualité de l’air des villes mais aussi des campagnes.

Un épisode ponctuel de pollution particulaire liée à la combustion de biomasse le 17 janvier à Nantes, non détecté à Savenay. Jusqu’à 70% de particules issues de la combustion de biomasse à Nantes.

perspectives

Air Pays de la Loire va poursuivre les actions de communication auprès du grand public par l’utilisation et la mise à disposition d’associations et de collectivités d’un kit de sensibilisation sur le chauffage au bois domestique et la qualité de l’air (PRSE3).

Plus globalement, Air Pays de la Loire s’est engagé dans une démarche d’évaluation de l’influence sur la qualité de l’air des chaufferies collectives utilisant de la biomasse.