La société Alter a sollicité Air Pays de la Loire pour la réalisation d’une troisième campagne de mesures dans l’environnement de la chaufferie Beille-Beille à Angers durant l’hiver 2020. Comme lors des précédentes évaluations, la pollution en particules PM10 et PM2.5 à Belle-Beille est représentative d’une zone périurbaine. En 2020, aucune influence du fonctionnement de la chaufferie n’a été mise en évidence, y compris lors de conditions particulières comme des activités de maintenance.

contexte : des interrogations de riverains

La chaufferie Belle-Beille exploitée par la société Alter a été mise en service le 12 décembre 2017. Cette mise en service a suscité des interrogations de riverains des communes d’Angers et Beaucouzé, relatives à l’impact de cette installation sur la qualité de l’air environnante. A ce titre, Alter s’est rapproché d’Air Pays de la Loire pour évaluer l’impact sur la qualité de l’air de l’installation : pendant les premiers mois de fonctionnement, de novembre 2017 à mars 2018 puis de janvier à mars 2019.
Dans un objectif de maintien d’un dispositif de surveillance autour de l’installation en période hivernale, Alter a sollicité Air Pays de la Loire pour la réalisation d’une troisième campagne de mesures lors de l’hiver 2020 portant sur les particules fines PM10 et très fines PM2.5 et le carbone élémentaire (polluants à plus forts enjeux autour de la chaufferie).

un triple objectif

Les objectifs visés sont de :

  • situer les niveaux de pollution par rapport à la réglementation en vigueur ;
  • réaliser une comparaison des niveaux mesurés avec ceux enregistrés lors des deux précédentes campagnes ;
  • évaluer l’éventuelle influence des émissions de la chaufferie.

moyens : un dispositif adapté à l’environnement d’une chaufferie bois

Comme en 2017-2018 puis 2019, le laboratoire mobile a été placé à 140 mètres au sud-ouest de la chaufferie Belle-Beille dans les zones de retombées maximales. Cette zone a été privilégiée, du fait de sa proximité immédiate aux habitations. Les particules fines PM10 et très fines PM2.5  et le carbone élémentaire présent dans les PM2.5 ont été mesurés en continu du 16 janvier au 18 mars 2020. Le site permanent du musée des Beaux-Arts, situé dans le centre-ville d’Angers sert de point de comparaison.

Emplacement du laboratoire mobile dans l'environnement de la chaufferie

les résultats

les particules PM10

Le suivi des PM10 met en évidence :

  • des niveaux homogènes entre les sites mais des concentrations systématiquement moins élevées sur le site de surveillance de la chaufferie par rapport au centre-ville d’Angers (écart de – 19 % en moyenne), traduisant une influence moins forte des émissions du trafic routier ;
  • des concentrations en dessous du seuil d’information-recommandation de 50 µg/m3 et à fortiori le seul d’alerte de 80 µg/m3 ;
  • des niveaux moyens significativement plus faibles en 2020 par rapport à 2019 (- 30 %), en raison de conditions atmosphériques plus perturbées, favorables à la dispersion des polluants.

les particules PM2.5

Le suivi des PM2.5 met en évidence des enseignements similaires à ceux des particules PM10 : des concentrations moyennes plus faibles par rapport au centre-ville d’Angers (– 12 %) et des niveaux en baisse par rapport à la campagne 2019 (– 24 %).
A noter, ces particules très fines sont émises en majorité par le secteur résidentiel-tertiaire (chauffage au bois domestique, notamment), puis par l’agriculture, le transport routier et l’industrie (source BASEMIS® - Air Pays de la Loire).

conclusion

Comme lors des précédentes campagnes, la pollution par les particules fines à Belle-Beille est représentative d’une zone périurbaine. En 2020, aucune influence de conditions particulières de fonctionnement de la chaufferie (activité de maintenance, par exemple) n’a été mise en évidence.