contexte

Pour limiter la propagation du coronavirus SARS-CoV-2, les mesures de confinement ont été mises en place à l’échelle nationale à partir du mardi 17 mars 2020. La veille, la fermeture des établissements scolaires et d’accueil de la petite enfance a été décidée.
Ces mesures ont entraîné une baisse considérable de l’activité sur le territoire national et ailleurs en Europe et à l’échelle mondiale.
Les émissions de polluants atmosphériques étant en grande partie liés à l’activité anthropique, Air Pays de la Loire a souhaité évaluer l’impact sur la qualité de l’air de ces mesures de restriction d’activité.
Depuis la première semaine de confinement, un bilan périodique est réalisé pour les Pays de la Loire.
Ce document présente l’impact pour la période du 27 avril au 4 mai 2020 et intègre les évolutions de la réduction du trafic routier pendant le confinement sur le territoire de Nantes Métropole.

à savoir

Pour les explications relatives au choix des polluants pris en compte, à leurs sources d’émissions ainsi qu’à la différence entre émissions et concentrations et à la méthodologie d’évaluation de l’impact du confinement, se reporter à l’annexe.

évolution du trafic routier sur le territoire de Nantes Métropole pendant le confinement

estimation, en moyenne sur les stations de comptage routier de Nantes Métropole, des réductions de trafic par rapport aux jours ouvrables 2019, sur les périodes du 23 au 27 mars (S2), du 30 mars au 3 avril (S3), du 6 au 10 avril (S4), du 13 au 17 avril (S5), du 20 au 24 avril (S6) et du 27 avril au 1 mai (S7) - source : PC Circulation de Nantes Métropole


 
Ces informations confirment la reprise d’activité progressive au cours des semaines de confinement avec une augmentation de 5 à 6 % du trafic routier par rapport à la semaine qui a précédé.

toujours une forte réduction de la pollution aux oxydes d’azote, une légère détérioration pourrait néanmoins s’amorcer

estimation, en moyenne sur les sites urbains des Pays de la Loire, des réductions de concentrations en polluants sur les périodes du 16 au 20 mars 2020 (S1), du 23 au 27 mars (S2), du 30 mars au 3 avril (S3), du 6 au 10 avril (S4), du 13 au 17 avril (S5), du 20 au 24 avril (S6) et du 27 avril au 1 mai (S7)

estimation, sur le site du Bd Victor Hugo à Nantes (site de trafic), des réductions de concentrations en polluants sur les périodes du 16 au 20 mars 2020 (S1), du 23 au 27 mars (S2), du 30 mars au 3 avril (S3), du 6 au 10 avril (S4), du 13 au 17 avril (S5), du 20 au 24 avril (S6) et du 27 avril au 1 mai (S7)


estimation, sur le site du Bd Roi René à Angers (site de trafic), des réductions de concentrations en polluants sur les périodes du 16 au 20 mars 2020 (S1), du 23 au 27 mars (S2), du 30 mars au 3 avril (S3), du 6 au 10 avril (S4), du 13 au 17 avril (S5), du 20 au 24 avril(S6) et du 27 avril au 1 mai (S7)


De la première à la deuxième semaine de confinement, la qualité de l’air s’améliore sensiblement, le respect par la population des mesures de restriction devenant effectif.
De la deuxième à la sixième semaine, l’amélioration se stabilise, conséquence d’un ancrage de la baisse d’activité.
La septième semaine, les niveaux de réduction sont globalement similaires mais pourraient marquer une légère décrue pour certains polluants et certains sites, traduisant une forme de reprise d’activité à l’image de l’évolution du trafic routier sur le territoire de Nantes Métropole. Il convient de rester prudent et de confirmer la semaine prochaine cette interprétation, les variations des niveaux de qualité de l’air étant à prendre en compte comme des ordres de grandeur.

évolution fine des concentrations en polluants

Les graphiques suivants représentent l’évolution, entre le 9 mars et le 4 mai, des concentrations journalières réelles en polluants mesurées sur les sites urbains, les sites ruraux, en moyenne dans les Pays de la Loire et sur les sites de trafic du Bd Victor Hugo à Nantes et du Bd du Roi René à Angers (pas de correction des effets de la météorologie).

dioxyde d’azote

évolution des moyennes journalières en dioxyde d'azote

  • A partir du 22 mars jusqu’au 2 avril, la pollution au dioxyde d’azote en bordure du Bd Victor Hugo à Nantes et du Bd du Roi René à Angers (axes routiers habituellement très fréquentés) est proche de celle observée dans les zones urbaines à l’écart des rues et atteint parfois les niveaux en milieu rural.
  • A partir du 3 avril, les typologies de sites se distinguent à nouveau : cela s’explique par l’apparition fréquente d’inversions de température qui ont bloqué les polluants au sol. C’est donc un effet météorologique qui a pour conséquence une élévation des concentrations en dioxyde d’azote sur cette période en particulier à proximité des voies de circulation où subsiste du trafic automobile et donc des émissions de polluants.
  • A partir du 28 avril jusqu’au 4 mai, les niveaux en dioxyde d’azote baissent, les conditions météorologiques perturbées (succession de dépressions avec vents forts et pluies) étant favorables à la dispersion et au lessivage de la pollution.

particules fines PM10

évolution des moyennes journalières en particules PM10

  • La pollution aux particules PM10 augmente après le 16 mars et jusqu’au 28 mars en raison de conditions anticycloniques défavorables à la dispersion des polluants et propices à la formation de particules liées, en ce début de printemps, au secteur agricole (épandages) ainsi qu’au chauffage au bois. En particulier le 28 mars, les concentrations en PM10 dépassent le seuil d’information-recommandation fixé à 50 µg/m3.
  • Cette situation est décorrélée de la mise en place du confinement, ces sources de particules étant peu ou pas liées aux restrictions d’activités mise en place, mais majoritairement à des phénomènes d’import de pollution extérieure à la région.
  • A partir du 29 mars, on observe une stabilisation à des niveaux faibles des concentrations en particules PM10 puis à partir du 20 avril, les niveaux remontent à nouveau sous l’effet d’import de pollution extérieure à la région et en provenance d’Europe Centrale.
  • Le 28 avril, avec l’arrivée de conditions météorologiques perturbées et de masses d’air océaniques faiblement polluées, la pollution particulaire diminue fortement.

particules très fines PM2,5

évolution des moyennes journalières en particules PM2,5

  • La pollution aux particules PM2,5 augmente après le 16 mars pour les mêmes raisons que pour les PM10 (conditions anticycloniques favorables à la stagnation de particules très fines produites par les secteurs agricole et résidentiel avec une proportion importante de pollution extérieure, en particulier le 28 mars).
  • A partir du 29 mars, on observe une stabilisation des concentrations en particules PM2.5 puis une augmentation à partir du 20 mars en raison de l’arrivée de masses d’air d’Europe Centrale.
  • A partir du 28 avril, comme pour les PM10, la pollution aux particules très fines PM2.5 chute fortement en lien avec l’arrivée de masses d’air océaniques.

bilan

Les résultats, obtenus après sept semaines de confinement, sont à prendre comme des ordres de grandeur.
Ces résultats sont réactualisés régulièrement par Air Pays de la Loire.
Des bilans seront réalisés au moment de la levée des restrictions d’activité (envisagée progressivement à partir du 11 mai 2020).

Infos en +

« Pourquoi parle-t-on d’une amélioration de la qualité de l’air du fait du confinement alors qu’il y a eu un pic de pollution la journée du 28 mars ? »  

Un pic de pollution est souvent la conjugaison de plusieurs facteurs : des émissions de polluants (localement et sur d’autres territoires), des conditions météorologiques propices à l’accumulation de la pollution dans l’air et au transport de polluants à longue distance.

Le pic de pollution dû aux particules fines PM10 du 28 mars dernier a concerné le nord de la France et est lié à un import de particules fines en provenance des pays d’Europe centrale, liées aux activités agricoles (épandages), au chauffage et à l’érosion des sols.

« Pourquoi parle-t-on d’une amélioration alors que des indices de qualité de l’air moins bons ont été observés en avril ? »  

Au mois d’avril, pendant le confinement, des indices de valeur 5, correspondant à une qualité de l’air moyenne, ont été observés dans la région des Pays de la Loire.

Ces indices s’expliquent par les concentrations en ozone entre le 8 et le 13 avril et par les concentrations en particules PM10 entre le 21 et 25 avril. Les niveaux enregistrés restent néanmoins inférieurs aux critères de déclenchement d’un pic de pollution.

L’élévation des niveaux d’ozone s’explique par des conditions météorologiques ensoleillées et celle des niveaux de PM10 par de l’arrivée masses d’air chargées en particules en provenance de l’extérieur de la région.  Dans la région des Pays de la Loire, la pollution par l’ozone et les particules est généralement d’ampleur régionale, voire nationale en lien avec des transports à longue distance. De ce fait, les mesures de restriction d’activité ont moins d’influence sur ces polluants.

annexe : à savoir

Consultez le rapport disponible en haut de page.