Comme les années précédentes, cette campagne de mesure estivale a mis en évidence une qualité de l’air extérieur typique d’une zone périurbaine en extérieur.
En air intérieur, rapportés sur l'année, les niveaux de dioxyde d’azote dépasseraient la valeur guide préconisée par l’ANSES (valeur 20 µg/m3 en moyenne annuelle). Des solutions peuvent être apportées, notamment via une meilleure ventilation des locaux.

contexte : une surveillance qui s’inscrit dans la démarche environnementale de Nantes-Atlantique

Depuis 2009, Aéroports du Grand Ouest, l’exploitant de la plateforme aéroportuaire de Nantes-Atlantique confie à Air Pays de la Loire la surveillance de la qualité de l’air dans l’environnement et au sein de celle-ci, ainsi qu’à l’intérieur même de l’aérogare.
La campagne cible deux polluants en particulier (à l’intérieur comme à l’extérieur) :

  • le dioxyde d’azote (NO2), produit par la combustion du carburant dans les moteurs d’avions et de voitures,
  • le benzène (C6H6), marqueur des zones de stockage d’hydrocarbures.

Ont également été suivis :

  • les niveaux en particules fines (PM10), en dioxyde de soufre (SO2), en monoxyde de carbone (CO) et en ozone (O3) dans l’environnement de l’aéroport,
  • les niveaux en aldéhydes (y compris en formaldéhyde) à l’intérieur de l’aérogare, réglementés en air intérieur.

La campagne 2017, en s’inscrivant dans un processus annuel de surveillance, a pour objectifs :

  • d’évaluer l’influence des activités de Nantes-Atlantique sur la qualité de l’air environnant, en comparant notamment les mesures de la campagne à celles réalisées sur d’autres sites éloignés de la plateforme.
  • d’évaluer l’exposition des riverains et des usagers de l’aéroport à la pollution de l’air en comparant les niveaux de polluants aux valeurs réglementaires et de référence.

moyens de mesure : un dispositif qui quadrille les alentours de Nantes-Atlantique

une campagne de mesure sur 4 semaines

En 2017, la période de suivi s’est étendue du 30 août au 27 septembre pour l’air extérieur, du 13 au 27 septembre pour l’air intérieur. L’activité de l’aéroport était forte en termes de nombre de passagers et de mouvements d’avion. Depuis 2009, les campagnes alternent entre l’hiver et l’été.

deux types de mesure

Le dispositif de mesure mis en œuvre par Air Pays de la Loire comprend :

  • des tubes à diffusion, aussi appelés « tubes passifs ». Adaptés pour une exposition longue (un jour à plusieurs semaines) et simples à installer, ils peuvent être déployés en grande quantité. 98 tubes ont ainsi été installés :
    • aux alentours de la plateforme aéroportuaire, 11 sites ont été équipés pour mesurer le NO2 et 10 sites pour le benzène, pendant deux périodes de deux semaines (42 tubes),
    • au sein même de la plateforme (pistes, zones d’embarquements et d’avitaillement, parking), 6 sites ont été équipés pour le NO2 et le benzène, pendant les mêmes périodes (24 tubes),
    • à l’intérieur de l’aérogare, quatre sites ont été équipés de tubes pour le NO2, le benzène et les aldéhydes, pendant deux périodes d’une semaine (24 tubes),
    • aux abords de la route départementale D85 qui relie le périphérique à l’aéroport, le NO2 et le benzène ont été suivis pendant quatre périodes d’une semaine (8 tubes).
  • un laboratoire mobile, installé à 500 m au Nord de la piste, équipé d’analyseurs automatiques. Il a suivi, en continu, les concentrations en dioxyde d’azote (NO2), dioxyde de soufre (SO2), monoxyde de carbone (CO), particules fines PM10 et ozone (O3), selon les mêmes standards métrologiques que le réseau de surveillance d’Air Pays de la Loire.

résultats air extérieur : les niveaux en polluants respectent les valeurs réglementaires

dioxyde d’azote

Les niveaux en NO2 mesurés autour de l’aéroport sont légèrement inférieurs à ceux relevés sur le site en centre-ville de Nantes, il s’agit de valeurs caractéristiques de zones périurbaines. Les niveaux enregistrés en continu à la ferme de la Ranjonnière indiquent plutôt une influence de la métropole Nantaise et son périphérique.
Ceux relevés directement sur la plateforme s’approchent des niveaux enregistrés à proximité de trafic routier mais ont de fortes probabilités de respecter la valeur limite (40 µg/m3 en moyenne annuelle).
Ni la répartition géographique des valeurs relevées ni l’évolution temporelle de celles-ci ne permettent d’établir de corrélation avec l’activité de l’aéroport.

NO2

Niveau du polluant : moyen

Influence établie de Nantes-Atlantique : non

benzène

L’objectif de qualité pour ce polluant (2 µg/m3 en moyenne annuelle) a par extrapolation une forte probabilité d’être respecté. Les niveaux sont homogènes (compris entre 0,5 et 1,5 µg/m3) entre les différents sites de mesure, et une éventuelle évaporation d’hydrocarbures depuis les zones de stockage de l’aéroport et pendant le ravitaillement des avions n’est donc pas détectable.

Benzène   

Niveau du polluant : faible

Influence établie de Nantes-Atlantique : non

autres polluants : PM10, CO, O3 et SO2

Ces polluants, mesurés en bout de piste Nord, présentent des niveaux faibles. Le SO2 et le CO sont au niveau de la limite de détection des analyseurs. Les niveaux de PM10 et d’O3 sont par ailleurs très bien corrélés avec les niveaux relevés sur les sites urbains et périurbains, dont l’évolution est gouvernée par les conditions météorologiques à l’échelle régionale, voire interrégionale.

PM10, O3

Niveau du polluant : faible

Influence établie de Nantes-Atlantique : non

CO, SO2

Niveau du polluant : limite de détection

Influence établie de Nantes-Atlantique : non

résultats air intérieur : des niveaux de NO2 légèrement supérieurs à la valeur guide

dioxyde d’azote

Les niveaux mesurés en NO2 au sein de l’aérogare sont en légère hausse depuis 2013. Les concentrations enregistrées en 2017 dépasseraient par extrapolation sur l’année, la valeur guide préconisée par l’ANSES (valeur 20 µg/m3 en moyenne annuelle) et ce pour les quatre points de mesure. Des solutions peuvent être apportées, notamment via une meilleure ventilation des locaux.

NO2 intérieur

Valeur guide dépassée - Niveau du polluant : moyen

aldéhydes

Les concentrations des différents aldéhydes sont hétérogènes entre les sites de mesure et propres à l’aménagement des lieux et leurs utilisations. La présence de ces composés s’explique par l’utilisation quotidienne des espaces (produits d’entretien, passage de voyageurs, parfumerie).
Les valeurs guides pour l’acétaldéhyde et le formaldéhyde sont respectées.

Aldéhydes intérieur

Valeurs guides respectées - Niveau du polluant : faible

BTEX

Les concentrations en benzène, toluène, éthylbenzène et xylènes dans les espaces intérieurs respectent les valeurs de référence. On relève toutefois en benzène des concentrations inférieures aux valeurs relevées en extérieur.

BTEX

Valeurs de référence respectées - Niveau du polluant : faible

conclusions : une qualité de l’air extérieur typique d’une zone périurbaine, et des améliorations possibles en air intérieur