Depuis 2009, Aéroports du Grand Ouest, l’exploitant de la plateforme aéroportuaire de Nantes-Atlantique confie à Air Pays de la Loire la surveillance de la qualité de l’air dans l’environnement et au sein de celle-ci.
L’étude réalisée en été 2019, indique des niveaux de polluants typiques d’une zone urbaine.
Nous observons cette année une influence ponctuelle des travaux d’enrobée sur les concentrations de NO2 au sein de la plateforme.

contexte : une surveillance qui s’inscrit dans la démarche environnementale de Nantes-Atlantique

Depuis 2009, Aéroports du Grand Ouest, l’exploitant de la plateforme aéroportuaire de
Nantes-Atlantique confie à Air Pays de la Loire la surveillance de la qualité de l’air dans l’environnement et au sein de celle-ci.
La campagne cible deux polluants en particulier :

  • le dioxyde d’azote (NO2), produit par la combustion du carburant dans les moteurs d’avions et de voitures,
  • le benzène (C6H6), marqueur des zones de stockage d’hydrocarbures et émis principalement par le trafic routier.

Ont également été suivis dans l’environnement de l’aéroport :

  • les niveaux en particules PM10 et PM2.5, qui proviennent principalement de l’agriculture, du chauffage au bois, de l’usure des routes, des carrières et des chantiers,
  • le dioxyde de soufre (SO2), issu des impuretés soufrées des combustibles fossiles,
  • le monoxyde de carbone (CO), formé lors de la combustion incomplète de matières organiques et de produits pétroliers.
  • l’ozone (O3), polluant créé par transformation de précurseurs chimiques tel que les Nox ou COV et accélérée par les rayonnements solaires.

La campagne 2019, en s’inscrivant dans un processus annuel de surveillance, a pour objectifs :

  • d’évaluer l’influence des activités de Nantes-Atlantique sur la qualité de l’air environnant, en comparant notamment les mesures de la campagne à celles réalisées sur d’autres sites éloignés de la plateforme.
  • d’évaluer l’exposition des riverains et des usagers de l’aéroport à la pollution de l’air en comparant les niveaux de polluants aux valeurs réglementaires et de référence.

moyens de mesure : un dispositif qui quadrille les alentours de Nantes-Atlantique

une campagne de mesure sur 4 semaines

En 2019, la période de suivi s’est étendue du 30 août au 1er octobre. Selon l’exploitant, l’activité de l’aéroport était forte en termes de nombre de passagers et de mouvements d’avions. Depuis 2009, les campagnes alternent entre l’hiver et l’été.

deux types de mesure

Le dispositif de mesure mis en œuvre par Air Pays de la Loire comprend :

  • des tubes à diffusion, aussi appelés « tubes passifs ». Adaptés pour une exposition longue (un jour à plusieurs semaines) et simples à installer, ils peuvent être déployés en grande quantité. 80 tubes ont ainsi été installés :
    • aux alentours de la plateforme aéroportuaire, 10 sites ont été équipés pour mesurer le NO2 et le benzène, pendant deux périodes de deux semaines (40 tubes),
    • au sein même de la plateforme (pistes, zones d’embarquement et d’avitaillement, parking), 6 sites ont été équipés pour le NO2 et le benzène, pendant les mêmes périodes (24 tubes),
    • aux abords de la route départementale D85 qui relie le périphérique à l’aéroport, le NO2 et le benzène ont été suivis pendant quatre périodes d’une semaine (16 tubes),
  • un laboratoire mobile, installé à 500 m au nord de la piste, à la ferme de la Ranjonnière, équipé d’analyseurs automatiques. Il a suivi, en continu, les concentrations en dioxyde d’azote (NO2), dioxyde de soufre (SO2), monoxyde de carbone (CO), particules fines PM10 et particules très fines (PM2.5), ainsi qu’en ozone (O3), selon les mêmes standards métrologiques que le réseau de surveillance d’Air Pays de la Loire.

résultats : les niveaux en polluants respectent les valeurs réglementaires

dioxyde d’azote

Les niveaux en NO2 mesurés autour de l’aéroport sont comparables à ceux relevés sur le site en centre-ville de Nantes, il s’agit de valeurs caractéristiques de zones urbaines.
Ceux relevés directement sur la plateforme, compris entre 6.6 et 46.6 µg/m3, sont proches des niveaux enregistrés à proximité de trafic routier, boulevard Victor Hugo (22.6 µg/m3 contre 21.8 µg/m3 en moyenne).
Ils ont toutefois de fortes probabilités de respecter la valeur limite (40 µg/m3 en moyenne annuelle).
Une probable influence des travaux d’enrobée effectués sur le taxiway et les bretelles d’accès à la piste n’est pas à exclure cette année.

benzène

L’objectif de qualité pour ce polluant (2 µg/m3 en moyenne annuelle) a par extrapolation une forte probabilité d’être respecté. Les niveaux sont homogènes (compris entre 0,3 et 1,0 µg/m3) entre les différents sites de mesure, et une éventuelle évaporation d’hydrocarbures depuis les zones de stockage de l’aéroport et pendant le ravitaillement des avions n’est donc pas détectable.

particules PM10, PM2.5 et O3

Les niveaux de PM10, de PM2.5 et d’O3 sont très bien corrélés avec les niveaux relevés sur les sites urbains de l’agglomération nantaise. Cette évolution est gouvernée par les conditions météorologiques à l’échelle régionale, voire interrégionale.

autres polluants : SO2 et CO

Ces polluants, mesurés en bout de piste nord, présentent des niveaux très faibles. Le SO2 et le CO sont la plupart du temps au niveau de la limite de détection des analyseurs automatiques.

conclusions : une qualité de l’air typique d’une zone urbaine, avec une influence ponctuelle des travaux d’enrobée sur les concentrations de NO2 au sein de la plateforme.