le projet national Repp’Air

Repp’Air vise à affiner la compréhension des phénomènes impliqués dans les transferts de produits phytosanitaires vers l’air et intégrer cette question dans le conseil auprès des agriculteurs. Concrètement, le projet Repp’Air se traduit par la mise en œuvre de campagnes de mesure de produits phytosanitaires dans l’air réalisées par les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air selon un protocole harmonisé. Ces mesures dans l’environnement d’activités agricoles variées (grandes cultures, arboriculture, viticulture, polyculture élevage, arboriculture) sont complétées par des enquêtes réalisées par les chambres d’agriculture auprès des agriculteurs proches des sites de mesure afin de recenser leurs pratiques de traitements. Le croisement de ces deux informations vise à définir les principales voies de transfert des pesticides dans l’air et in fine apporter des conseils aux professionnels pour limiter l’impact des traitements sur la qualité de l’air.
Ce projet multi-partenarial qui fédère les organismes de surveillance de la qualité de l’air, les chambres régionales et départementales d’agriculture, des organismes de recherche, des lycées agricoles et des agriculteurs partenaires compte 7 sites d’études, répartis dans 6 régions françaises (cf. carte suivante). Le projet reçoit le support financier du Ministère de l’Agriculture de l’agroalimentaire et de la forêt.

En Loire-Atlantique, Air Pays de la Loire réalise des mesures de produits phytosanitaires dans l’air au niveau du vignoble nantais durant les saisons 2017, 2018 et 2019.
Le présent rapport est un document intermédiaire qui présente les résultats de mesure dans l’air de la seconde campagne de mesures effectuées durant le printemps et l’été 2018.

des mesures de produits phytosanitaires au lycée agricole de Briacé du 4 avril au 10 septembre 2018

Dans les Pays de la Loire, compte tenu de l’historique qualité de l’air sur ce type de culture, le choix s’est porté sur un site à dominante viticole. Le site de Briacé sur la commune du Landreau situé dans le vignoble nantais a été choisi, des mesures ayant déjà été réalisées en 2002 et 2004.
Des prélèvements hebdomadaires ont donc été effectués de façon continue du 4 avril au 10 septembre 2018, dans l’enceinte du lycée agricole de Briacé. Ces mesures font suite à celles réalisées en 2017 durant la même période.

résultat 1 : 20 molécules retrouvées dans l’air

Sur les 42 recherchées, 20 molécules ont été retrouvées dans l’air. Nous retrouvons des produits spécifiques aux traitements des vignes avec une forte proportion du folpel qui représente plus de 60 % de la concentration totale, le cymoxanil et le cyprodinil représentant respectivement 8 % et 4 % de cette concentration. Les autres molécules quantifiées ne représentent individuellement qu’une faible part de la concentration totale en pesticides (moins de 3 %). Ces résultats sont globalement cohérents avec ceux observés les années précédentes sur le même site avec une prédominance du folpel, la présence en faible quantité de molécules d’autres cultures (grandes cultures notamment). Il est à noter toutefois la présence du chlorpyriphos éthyl en 2018 ; cette molécule n’avait pas été quantifiée en 2017.

résultat 2 : une hausse des niveaux de folpel entre 2017 et 2018


Une augmentation significative des concentrations moyennes est enregistrée entre 2017 et 2018 (1.6ng/m3 en 2017 et 5.1 ng/m3 en 2018). Cette augmentation des niveaux de folpel suggère une utilisation plus intense de ce fongicide en lien avec une pression du mildiou plus forte durant la saison 2018 en lien avec des conditions météorologiques (température, humidité) propices à son apparition. Cette hausse des concentrations de folpel entre 2017 et 2018 n’est pas spécifique au vignoble nantais mais a également été constatée dans d’autres zones viticoles notamment à Bourgueil en région Centre-Val de Loire également à Kintzheim en Alsace et en Cognaçais et Médoc.

résultats : une évolution temporelle en lien avec les périodes de traitement

Comme en 2017, nous constatons une bonne cohérence entre la présence de pesticides dans l’air et les périodes de traitement ; les niveaux augmentant lors des périodes de traitement.

conclusions et perspectives

La seconde séquence de mesure menée d’avril à septembre 2018 a permis :

  • de confirmer la bonne cohérence entre présence de produits phytosanitaires dans l’air et période de traitement qui avait été mise en évidence en 2004 et 2017.
  • de confirmer la prédominance du folpel qui représente plus de 60 % de la concentration totale en produits phytosanitaires dans l’air.
  • de mettre en évidence une nette augmentation des niveaux en folpel entre 2017 et 2018 en lien avec une pression du mildiou plus forte en 2018. Cette augmentation est également visible dans d’autres vignobles (Bourgueil, Alsace, Cognac, Médoc).

En 2019, ces mesures seront reconduites sur le même site et durant la même période. Ces nouvelles mesures permettront d’avoir 3 années de suivi et ainsi d’appréhender l’évolution des niveaux dans l’air en lien avec les possibles modifications des pratiques de traitements liées notamment aux variations des conditions météorologiques d’une année sur l’autre.