Air Pays de la Loire a lancé en 2015, en Basse-Loire, avec des associations de riverains, des industriels, des élus et l’appui de la société Osmanthe, un programme de suivi des odeurs visant à diagnostiquer puis, à long terme, à améliorer la situation odorante de plusieurs communes (Donges, Montoir-de-Bretagne, Paimbœuf, Corsept). A l’issue de la 4ème année de veille olfactive, entre mai 2018 et avril 2019, Air Pays de la Loire dresse un bilan de l’évolution des odeurs sur le territoire.

Air Pays de la Loire a lancé en 2015, en Basse-Loire, avec les associations de riverains, les industriels, les élus, et l’appui de la société Osmanthe, un programme de suivi des odeurs visant à diagnostiquer puis, à long terme, à améliorer la situation odorante de plusieurs communes.
Une première équipe de 15 nez bénévoles a été recrutée puis formée à la méthode du langage des nez® en 2015. 8 nez bénévoles sont venus la compléter en 2018 afin d’obtenir une meilleure couverture géographique et de combler les départs de 4 nez de la première équipe. Entre mai 2018 et avril 2019, 19 nez bénévoles ont donc participé à la démarche. Leur travail d’olfaction a permis de :

  • objectiver la situation odorante de la zone d’étude ;
  • faire un état des lieux des perceptions olfactives sur le territoire de la Basse-Loire ;
  • établir des liens entre les sources des odeurs et les observations pour agir avec efficacité au niveau des sites contributeurs.

Des bilans annuels sont établis afin de rendre compte de cette veille olfactive. Les résultats issus de ces bilans sont présentés lors d’une réunion aux différents acteurs et sont accessibles sur le site internet www.airpl.org.
A l’issue de la quatrième année de veille olfactive, entre mai 2018 et avril 2019, Air Pays de la Loire dresse un bilan de l’évolution des odeurs sur le territoire.

les journées odorantes

Les résultats de la quatrième année de veille olfactive mettent en avant un nombre de journées odorantes inférieur aux années précédentes. Les nez bénévoles, grâce à leur travail régulier et rigoureux, ont enregistré 296 perceptions lors de la quatrième année de veille olfactive. A noter que les mois d’octobre 2018 et de février 2019 sont les plus odorants de la période.
42 % des journées sont odorantes, quelle que soit l’intensité des odeurs. Les années précédentes, la part de journées odorantes était de 64 % la première année, 50 % la deuxième et 59 % la troisième.

les intensités des perceptions

Sur les 296 perceptions réalisées la quatrième année, 66 % sont de niveaux faible ou intermédiaire, contre 75 % l’année précédente et 82 % la deuxième année.
Une diminution des odeurs gênantes par rapport à l’année dernière est constatée : elles passent de 137 signalements la troisième année à 101 signalements la quatrième année dont :

  • 61 % sont liées à la raffinerie Total (en augmentation de 7 points par rapport à l’année précédente),
  • 36 % à Cargill (en baisse de 3 points par rapport à l’année précédente),
  • 3 % à d’autres sources.

les notes rencontrées

  • soufrées : 53 %, constituant comme l’année précédente le fond odorant de la zone d’étude en lien principalement avec l’activité de la raffinerie (odeurs perçues à faible intensité), en augmentation de 5 points par rapport à l’année précédente ;
  • sulfurol : 33 %, représentative de Cargill, stable par rapport à l’année précédente.
  • phénolés, pyrogénées : 9 %, dont les origines sont communes à Total et Cargill, ou liées à d’autres sources situées dans la zone, en augmentation de 2 points par rapport à l’année précédente ;
  • autres : 4 %, pouvant provenir de l’environnement de la Basse-Loire (épandage), comprenant 2 % de perceptions irritantes pouvant provenir des émissions des industriels dont principalement Yara.

les actions des industriels

Pour poursuivre l’amélioration de la situation odorante sur la zone d’étude, les principaux émetteurs Total et Cargill s’engagent et œuvrent dans la mise en place d’actions correctives à court, moyen et long terme. Total a notamment permis d’identifier la source de 86 % des olfactions d’intensité supérieure ou égale à 6.
Notons notamment au sein de la raffinerie plusieurs actions en cours actuellement : couverture de quatre bassins et fiabilisation d’une pompe de relevage du réseau d’eaux huileuses, limitation des débits et ronde de surveillance au niveau des chargements des navires, mise en place de dispositif de limitations des évents au niveau des stockage et des nouveaux équipements sur les torches.
Ce programme a également permis à Cargill d’identifier les principales sources d’émission d’odeurs. Cargill a déjà investi dans un premier système de traitement permettant un abattement de 95 % d’une des deux sources au cours de l’année 2016. De nombreuses interventions ont été nécessaires au cours de la deuxième campagne (vidange d’un bassin biologique, ajout d’anneaux rachidiens dans le laveur pour mieux capter les molécules odorantes, ajustement des temps de séjour, des dosages pour le traitement chimique complémentaire), afin d’optimiser le traitement des gaz de l’Extraction qui fonctionne dorénavant de façon stable. Le taux d’abattement effectivement mesuré dépasse les 95 % en 2018. De plus, un nouveau laveur de gaz (système de traitement des odeurs) est fonctionnel depuis mi-avril 2018 pour traiter l’air extrait de l’atelier de Préparation.

à retenir

La quatrième année de veille olfactive a mis en avant moins de journées odorantes (42 %) que la troisième année (59 %) en lien avec une météo moins favorable aux perceptions (plus de vents de nord-est) et les actions mises en place par les industriels. Le nombre d’odeurs gênantes est en diminution : 137 signalements la troisième année contre 101 signalements pour cette quatrième année.

les perspectives

La poursuite de la veille olfactive va permettre de suivre l’évolution des olfactions et ainsi pouvoir, ou non, confirmer la baisse des perceptions enregistrées. Cela dans le but de déterminer l’impact des actions entreprises par les industriels pour diminuer leur empreinte olfactive.