Depuis 2009, Aéroports du Grand Ouest, l’exploitant de la plateforme aéroportuaire de Nantes-Atlantique confie à Air Pays de la Loire la surveillance de la qualité de l’air dans l’environnement et au sein de celle-ci.
L’étude réalisée durant l’hiver 2020, indique des niveaux de polluants typiques d’une zone périurbaine avec, comme en 2019, une influence ponctuelle de travaux d’enrobés sur les concentrations de dioxyde d’azote au sein et dans l’environnement immédiat de la plateforme.

contexte : une surveillance qui s’inscrit dans la démarche environnementale de Nantes-Atlantique

Depuis 2009, Aéroports du Grand Ouest, l’exploitant de la plateforme aéroportuaire de Nantes-Atlantique confie à Air Pays de la Loire la surveillance de la qualité de l’air dans l’environnement et au sein de celle-ci.
La campagne cible deux polluants en particulier :

  • le dioxyde d’azote (NO2), produit par la combustion du carburant dans les moteurs d’avions et de voitures,
  • le benzène (C6H6), marqueur des zones de stockage d’hydrocarbures et émis principalement par le trafic routier.

Ont également été suivis dans l’environnement de l’aéroport :
les niveaux en particules PM10 et PM2.5, qui proviennent principalement de l’agriculture, du chauffage au bois, de l’usure des routes, des carrières et des chantiers,

  • le dioxyde de soufre (SO2), issu des impuretés soufrées des combustibles fossiles,
  • le monoxyde de carbone (CO), formé lors de la combustion incomplète de matières organiques et de produits pétroliers.
  • l’ozone (O3), polluant créé par transformation de précurseurs chimiques tel que les Nox (Oxydes d’azote) ou COV (Composés Organiques Volatils) et accélérée par les rayonnements solaires.

La campagne 2020, en s’inscrivant dans un processus annuel de surveillance, a pour objectifs :

  • d’évaluer l’influence des activités de Nantes-Atlantique sur la qualité de l’air environnant, en comparant notamment les mesures de la campagne à celles réalisées sur d’autres sites éloignés de la plateforme,
  • d’évaluer l’exposition des riverains et des usagers de l’aéroport à la pollution de l’air en comparant les niveaux de polluants aux valeurs réglementaires et de référence.

En complément, la méthode utilisée pour évaluer l’impact du confinement sur la qualité de l’air à Nantes a été déployée sur le site de la ferme de la Ranjonnière qui accueille le laboratoire mobile au nord et à proximité de la plateforme de Nantes-Atlantique.

moyens de mesure : un dispositif qui quadrille les alentours de Nantes-Atlantique

une campagne de mesure sur 4 semaines

En 2020, la période de suivi s’est étendue du 1 au 31 mars, dans un contexte inédit et d’ampleur avec la mise en place à l’échelle nationale, à partir du 17 mars, de mesures de restrictions d’activité destinées à lutter contre la propagation du coronavirus.
A l’échelle de l’aéroport Nantes Atlantique, même si une activité résiduelle a subsisté durant le confinement, le trafic aérien du mois de mars 2020 a été environ deux fois plus faible (2708 mouvements comparativement à 4455 mouvements en mars 2019 – source : AGO).
Depuis 2009, les campagnes alternent entre l’hiver et l’été.

deux types de mesure

Du fait des restrictions d’activité et d’accès liées à la mise en place du confinement, le dispositif a été redéployé en concertation avec AGO (durée de campagne en partie réduite, un seul site au sein de la plateforme) tout en garantissant une approche de qualité par rapport aux objectifs de la campagne :

  • des tubes à diffusion, aussi appelés « tubes passifs ». Adaptés pour une exposition longue (un jour à plusieurs semaines) et simples à installer, ils peuvent être déployés en grande quantité :
    • aux alentours de la plateforme aéroportuaire, 10 sites ont été équipés pour mesurer le NO2 et le benzène, pendant une période de deux semaines (40 tubes),
    • au sein même de la plateforme (extrémité piste sud), 1 site a été équipé pour le NO2 et le benzène, pendant les mêmes périodes (4 tubes),
    • aux abords de la route départementale D85 qui relie le périphérique à l’aéroport, le NO2 et le benzène ont été suivis pendant deux périodes d’une semaine (8 tubes),
  • un laboratoire mobile, installé à 500 m au nord de la piste, à la ferme de la Ranjonnière, équipé d’analyseurs automatiques. Il a suivi, en continu du 1 au 31 mars, les concentrations en dioxyde d’azote (NO2), dioxyde de soufre (SO2), monoxyde de carbone (CO), particules fines PM10 et particules très fines (PM2.5), ainsi qu’en ozone (O3), selon les mêmes standards métrologiques que le réseau de surveillance d’Air Pays de la Loire.

résultats : les niveaux en polluants respectent les valeurs réglementaires

dioxyde d’azote

Les niveaux en NO2 mesurés autour de l’aéroport pendant la campagne de mesure sont environ deux fois plus faibles que ceux enregistrées par le réseau d’Air Pays de la Loire à Nantes.
Lors de la première quinzaine de mars (avant le confinement), les niveaux sont significativement plus faibles que lors des hivers précédents (- 68 %) en lien principalement avec des conditions météorologiques propices à la dispersion des polluants.
Comme en 2019, une probable influence de travaux d’enrobé n’est pas à exclure conduisant à des niveaux légèrement plus élevés au nord et au sud de la plateforme.
Par comparaison avec les résultats sur les sites permanents d’Air Pays de la Loire, ils ont toutefois de fortes probabilités de respecter la valeur limite (40 μg/m3 en moyenne annuelle).
L’étude de l’effet du confinement conduit à une réduction estimée de – 30 % de la pollution au dioxyde d’azote au niveau de la ferme de la Ranjonnière la deuxième quinzaine de mars 2020, effet attribuable en quasi-totalité à la baisse du trafic routier.

benzène

Par comparaison avec les résultats sur les sites permanents, l’objectif de qualité pour ce polluant (2 μg/m3 en moyenne annuelle) a une forte probabilité d’être respecté. Comme en 2019, les niveaux sont homogènes entre les différents sites de mesure, et aucune influence de travaux spécifiques n’a été détectée.

particules PM10, PM2.5 et O3

Les niveaux de PM10, de PM2.5 et d’O3 sont corrélés avec les niveaux relevés sur les sites urbains de l’agglomération nantaise. Cette évolution est gouvernée par les conditions météorologiques à l’échelle régionale, voire interrégionale.

autres polluants : SO2 et CO

Ces polluants, mesurés en bout de piste nord, présentent des niveaux très faibles. Le SO2 et le CO sont la plupart du temps au niveau de la limite de détection des analyseurs automatiques.

conclusions : l’environnement atmosphérique de la plateforme est typique d’une zone périurbaine.