Air Pays de la Loire a procédé en 2004 à une nouvelle étude des produits phytosanitaires dans le vignoble du Muscadet. Dans un précédent article, nous en avons présenté les objectifs et les méthodes de mesure. Ce nouvel article présente les résultats et les perspectives issus de cette étude.

des herbicides de grandes cultures sur les trois sites

L’extension des mesures aux traitements herbicides du printemps a permis de mettre en évidence la présence en atmosphère urbaine et en zones viticoles d’herbicides (alachlore, s métolachlore, trifluraline) utilisés dans les grandes cultures (soja, tournesol, maïs). Ces molécules se retrouvent dans l’air en faibles quantités généralement inférieures au ng/m3 et de façon homogène sur les trois sites.

fongicides et insecticides : teneurs comparables à Briacé et Vallet

L’extension des mesures viticoles dans un bourg du Muscadet a permis de montrer que pour les principaux insecticides et fongicides mesurés dans l’air, les niveaux moyens à Briacé et Vallet sont du même ordre de grandeur avec des teneurs en folpel, et chlorpyriphos éthyl toutefois supérieures au lycée agricole.

en zones viticoles : une évolution cohérente avec les traitements

L’étude croisée des périodes de traitement et des variations temporelles des concentrations atmosphériques montre une très bonne cohérence entre les périodes d’utilisation et l’évolution temporelle des teneurs dans l’air.

fongicides et insecticides : un impact visible en milieu urbain

L’évolution temporelle des teneurs en folpel (fongicide anti-mildiou) et chlorphyriphos éthyl (insecticide) à Nantes est synchrone avec celle observée en zones viticoles. Ceci suggère une influence faible (les teneurs moyennes en folpel et chlorpyriphos éthyl sont respectivement huit et dix fois plus faibles à Nantes qu’en zones viticoles) mais visible des traitements des zones viticoles par ces deux molécules sur les teneurs atmosphériques mesurées à Nantes.

des teneurs comparables à Briacé en 2002 et 2004

Les niveaux des principaux fongicides et insecticides mesurés dans l’air en 2004 au lycée agricole de Briacé sont comparables à ceux détectés en 2002 sur le même site. Il est à noter des teneurs moyennes en cyprodinil plus élevées en 2002 compte tenu d’un traitement au cyprodinil effectué par le lycée agricole les 18 et 20 juin 2002.

vers des mesures dans d’autres zones agricoles

Malgré les incomplètes connaissances de l’intensité des traitements réalisés, du devenir des produits phytosanitaires dans l’atmosphère, de l’influence de la météorologie, il est remarquable de noter que les mesures réalisées dans l’air fournissent des résultats cohérents sur le plan de leurs évolutions spatiales et temporelles.
Cette étude a également permis de dégager certaines molécules importantes en termes de fréquences de détection et de concentrations dans l’air qui peuvent être considérées comme des “indicateurs” de traitements en pays du Muscadet (le folpel pour les traitements fongicides anti-mildiou, le cyprodinil et la vinchlozoline pour les traitements fongicides anti-botrytis, le chlorpyriphos éthyl pour les traitements insecticides et la terbuthylazine pour les traitements herbicides).
Ces résultats alimentent également la base de données nécessaire aux études sur l’impact sanitaire lié à la présence de ces produits dans l’air.
Dans l’avenir, il serait intéressant d’étendre cette thématique des pesticides dans l’air par des mesures :

  • dans d’autres zones viticoles (Anjou) sachant que les traitements peuvent être différents. Par exemple, le cépage du Muscadet est peu sensible à l’oïdium contrairement à d’autres cépages. De ce fait, peu de traitements anti-oïdium sont réalisés dans le Muscadet ;
  •  sur d’autres activités agricoles notamment l’arboriculture, activité très présente dans la région.

Enfin, dans le cadre de la normalisation Afnor (Agence française de normalisation) des méthodes d’analyse et de collecte des produits phytosanitaires dans l’air, Air Pays de la Loire poursuivra sa participation au groupe de travail national mis en place en 2004.