En 1998 et 1999, le site de surveillance installé sur le site du GIAT, rue Pied Sec au Mans, a enregistré 88 dépassements du seuil d’information de la population pour le dioxyde d’azote répartis sur 24 journées. Cette pollution atypique a été enregistrée la nuit des mois d’été par vent de nord-est de vitesse faible. Les autres sites de surveillance de l’agglomération n’ont pas été concernés par ce phénomène. La recherche de l’origine de cette pollution a conduit à écarter le trafic routier et les émetteurs industriels de la zone.

mise en œuvre d’une nouvelle série de mesures

La station de Pied Sec a été retirée en mars 2000 en raison de la restructuration du GIAT. En octobre 2000, une campagne a été organisée à 400 m de l’ancienne station de manière à suivre la qualité de l’air après l’arrêt de la station. Cette campagne a conclu à l’absence de pollution atypique, mais les conditions météorologiques observées alors n’étaient pas très favorables.

Dans ces conditions, une seconde campagne a été menée pendant un mois et demi entre le 5 août et le 14 septembre 2003 sur un site localisé à environ 50 m de l’ancien site au cours d’une période pour laquelle l’occurrence de ces pics de pollution avait été observée. Le laboratoire mobile a permis la surveillance de quatre indicateurs de pollution : le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre, les poussières PM10 et l’ozone.

des conditions météorologiques optimales

Les directions majoritaires de vents observées durant cette campagne (nord-est) sont les directions pour lesquelles les épisodes de pollution avaient été enregistrés en 1998 et 1999. De plus, les vitesses inférieures à 2 m/s représentent une proportion importante du total des vents. Les conditions météorologiques sont donc optimales pour vérifier l’occurrence des pics de pollution.

disparition des phénomènes de pollution atypique par le dioxyde d’azote

Concernant le dioxyde d’azote, aucun dépassement du seuil d’information de la population n’a été observé. Les phénomènes de pollution des années passées n’ont pas été observés pendant la campagne. Le profil moyen journalier fait apparaître une élévation de pollution le matin dont l’origine provient principalement du trafic routier (Cf. graphique). En raison de la proximité immédiate du laboratoire mobile avec l’ancien site et de la présence de conditions météorologiques favorables, il est conclu que le phénomène ou la source responsable des pointes antérieures de pollution a disparu. En revanche, la pollution par le dioxyde d’azote reste supérieure au centre-ville et au sud-est du Mans.

Concernant le dioxyde de soufre et les poussières PM10, les niveaux ont été respectivement très faibles et modérés, représentatifs des teneurs habituellement observées en période estivale, et, comme pour le dioxyde d’azote, supérieurs aux concentrations détectées sur les autres sites de surveillance de l’agglomération.

Les niveaux en ozone ont été particulièrement élevés en début de campagne avec 5 journées de dépassement du seuil d’information de la population. Il s’agit là d’un épisode exceptionnel par sa durée et son ampleur, observé à l’échelle continentale en raison des mécanismes de transport de l’ozone à grande échelle (Cf. l'article Début août : "des niveaux d'ozone exceptionnels sur l'ensemble des Pays de la Loire"). Des niveaux toujours élevés et similaires ont également été observés sur les autres sites de l’agglomération mancelle.

poursuivre la surveillance en proximité de la ZI Sud

En raison de la disparition des phénomènes aigus de pollution au dioxyde d’azote, il n’apparaît plus nécessaire de poursuivre la surveillance de la qualité de l’air précisément sur l’ancienne localisation du site de mesure dans le quartier de l’ex-GIAT. En revanche, l’implantation d’un site de mesure des polluants d’origine industrielle à proximité de la ZI Sud reste nécessaire. Le site pourrait être localisé dans le secteur urbanisé situé entre le centre-ville et la ZI Sud.