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Usage du bois-énergie dans les Pays de la Loire, impacts sur la qualité de l'air et enjeux climatiques

  • Air extérieur

Première énergie renouvelable de la région, le bois-énergie constitue un levier important de la transition énergétique en Pays de la Loire. Son développement nécessite cependant une approche maîtrisée au regard de ses impacts sur la qualité de l’air et la dynamique des puits de carbone forestiers. Ce rapport analyse les impacts du bois-énergie sur la qualité de l'air et le climat et identifie les leviers d’action permettant d’orienter les pratiques vers des usages sobres et une approche, en cohérence avec les objectifs de santé publique et de neutralité carbone à l’horizon 2050.

Préambule

La présente note vise à éclairer les décideurs et décideuses sur les enjeux liés au chauffage au bois, en particulier ses impacts sur la qualité de l’air extérieur et sur le climat dans les Pays de la Loire. Elle s’inscrit dans le périmètre d’expertise d’Air Pays de la Loire, association agréée pour la surveillance de la qualité de l’air et pour la production d’inventaires air-énergie-climat à l’échelle régionale.

Dans ce document, l’analyse se concentre sur les émissions et les concentrations de polluants atmosphériques, les émissions de gaz à effet de serre liées à la combustion du bois, qu’il s’agisse d’usages individuels ou collectifs, et le stockage de carbone, d’après l’inventaire BASEMIS®.

D’autres aspects ne sont pas traités dans ce document, notamment, la production d’énergie renouvelable en substitution des énergies fossiles, les questions relatives à la filière bois ou à l’origine des approvisionnements, les enjeux socio-économiques ou d’aménagement liés au développement de la filière, ainsi que l’analyse des rendements des différents combustibles.

Ce choix permet de fournir une note opérationnelle et centrée sur les éléments pour lesquels Air Pays de la Loire dispose d’outils d’analyse, de données consolidées et de retours d’expérience : émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre, stockage de carbone et impacts mesurables sur la qualité de l’air.

L’objectif est ainsi d’accompagner les collectivités et institutions dans leurs décisions publiques, en apportant l’éclairage d’Air Pays de la Loire pour répondre à des questions qui émergent dans un contexte de transition énergétique, de pressions climatiques croissantes et d’enjeux sanitaires liés à la combustion de biomasse.


Introduction

Dans le cadre de la transition énergétique, les énergies renouvelables occupent une place essentielle pour atteindre les objectifs nationaux et locaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Parmi elles, le
bois-énergie se distingue comme une ressource locale, renouvelable et mobilisable par les territoires, offrant une alternative aux combustibles fossiles pour produire de la chaleur renouvelable.

Dans un contexte de changement climatique et de pression accrue sur les ressources biomasse, la neutralité carbone du bois-énergie peut être amenée à être questionnée. La capacité des forêts à absorber le carbone dépend en effet de leur gestion et de leur état de santé. L’Union européenne, à travers la directive (UE) 2018/2001 sur les énergies renouvelables (RED II), rappelle la nécessité de garantir la durabilité de la filière biomasse, en veillant à ce qu’elle provienne de forêts gérées durablement, que les émissions de GES soient réduites par rapport aux combustibles fossiles, et que la biodiversité et les fonctions écologiques des écosystèmes forestiers soient préservées. Par ailleurs, la combustion de biomasse, notamment dans des installations anciennes ou mal dimensionnées, génère des émissions de polluants atmosphériques, impactant la qualité de l’air et susceptibles d’impacter la santé des riverains.

Afin d’accompagner les politiques publiques sur les choix d’aménagement, Air Pays de la Loire a conduit plusieurs études et campagnes de mesure sur la qualité de l’air autour de chaufferies biomasse dans la région. Ces travaux permettent aujourd’hui de formuler des préconisations à destination des décideurs et décideuses, tant pour les dispositifs collectifs que pour les équipements individuels. Elles doivent permettre aux décideurs et décideuses de connaître les enjeux pour développer l’usage du bois-énergie de manière vertueuse et ainsi limiter les impacts négatifs pour les territoires et les habitants.

Lorsqu’il est fait mention de biomasse dans la note, il n’est question que de l’utilisation directe de cette biomasse, forestière pour l’essentiel (et dans une moindre mesure, bocagère) et pas de méthanisation.