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Évaluation de la qualité de l'air dans l'environnement de l'aéroport de Nantes-Atlantique, hiver 2025

  • Air extérieur

Depuis 2009, Aéroports du Grand Ouest confie à Air Pays de la Loire la surveillance de la qualité de l’air dans l’environnement de l’aéroport Nantes Atlantique et au sein de celui-ci. 
La campagne de mesure de novembre 2025 indique une absence d’influence significative des émissions dans l’environnement de la plateforme aéroportuaire, sauf pour le dioxyde d’azote où une influence a été relevée sur l’un des 10 sites autour de la plateforme, à des niveaux similaires au milieu urbain. Les niveaux de polluants mesurés sont typiques d’une zone périurbaine, et ont de fortes probabilités de respecter les valeurs réglementaires. 
Au sein de la plateforme, les mesures mettent en évidence un impact des activités de celle-ci sur les concentrations en dioxyde d’azote. Pour le benzène, les prélèvements réalisés n’ont pas indiqué d’influence significative des activités de la plateforme. Dans l'ensemble, les niveaux de dioxyde d’azote et de benzène relevés cette année sont plus faibles que lors des campagnes hivernales précédentes.

Contexte : une surveillance qui s’inscrit dans la démarche environnementale de Nantes-Atlantique

Depuis 2009, Aéroports du Grand Ouest, l’exploitant de la plateforme aéroportuaire de Nantes-Atlantique confie à Air Pays de la Loire la surveillance de la qualité de l’air dans l’environnement et au sein de celle-ci.
La campagne cible deux polluants en particulier :

  • Le dioxyde d’azote (NO2), produit par la combustion du carburant dans les moteurs d’avion et de voiture.
  • Le benzène (C6H6), marqueur des zones de stockage d’hydrocarbures et émis également par le trafic routier.


Ont également été suivis dans l’environnement de l’aéroport :

  • Les niveaux en particules PM10 et PM2.5, qui proviennent principalement de l’agriculture, du chauffage au bois, de l’usure des routes, des carrières et des chantiers.
  • Le dioxyde de soufre (SO2), issu des impuretés soufrées des combustibles fossiles.
  • Le monoxyde de carbone (CO), formé lors de la combustion incomplète de matières organiques et de produits pétroliers.
  • L’ozone (O3), polluant créé par transformation de précurseurs chimiques tels que les NOx (Oxydes d’azote) et COV (Composés Organiques Volatils) en présence de rayonnement solaire.
  • Le carbone suie ou Black Carbon (BC), qui est produit par les combustions incomplètes d’hydrocarbures ou de biomasse.

La campagne 2025, en s’inscrivant dans un processus annuel de surveillance, a pour objectifs :

  • D’évaluer l’influence des activités de Nantes-Atlantique sur la qualité de l’air environnant, en comparant notamment les mesures de la campagne à celles réalisées sur d’autres sites éloignés de la plateforme.
  • D’évaluer l’exposition des riverains et des usagers de l’aéroport à la pollution de l’air en comparant les niveaux de polluant aux valeurs réglementaires et de référence.

Moyens de mesure : un dispositif qui quadrille les alentours de Nantes-Atlantique

Une campagne de mesure sur quatre semaines

La campagne de suivi des polluants s’est déroulée du 3 novembre au 1er décembre 2025. Depuis 2009, les campagnes alternent entre l’hiver et l’été.

Deux types de mesure

Les mesures durant la campagne de suivi de polluants comprennent :

  • Des tubes à diffusion, aussi appelés « tubes passifs ». Adaptés pour une exposition longue (un jour à plusieurs semaines) et simples à installer, ils peuvent être déployés en grande quantité :
    • aux alentours de la plateforme aéroportuaire, 10 sites ont été équipés pour mesurer le NO2 et le benzène, pendant une période de deux semaines (40 tubes),
    • au sein même de la plateforme (parking de l’aéroport), 6 sites ont été équipés pour le NO2 et le benzène, pendant les mêmes périodes (48 tubes),
    • aux abords de la route départementale D85 qui relie le périphérique à l’aéroport, le NO2 et le benzène ont été suivis pendant quatre périodes d’une semaine (16 tubes).
  • Un laboratoire mobile, installé à 500 m au nord de la piste, à la ferme de la Ranjonnière, équipé d’analyseurs automatiques.
    Il a suivi, en continu du 3 novembre au 1er décembre 2025, les concentrations en dioxyde d’azote (NO2), dioxyde de soufre (SO2), monoxyde de carbone (CO), particules PM10 et PM2.5, l’ozone (O3) ainsi que le carbone suie, selon les mêmes standards métrologiques que le réseau de surveillance d’Air Pays de la Loire.

Résultats : les concentrations respectent les valeurs réglementaires

Valeurs de référence pour la qualité de l'air

Le dioxyde d’azote (NO2)

Les concentrations en NO2 mesurées dans l’environnement de la plateforme aéroportuaire sont plus faibles (-30 %) qu’au centre-ville de Nantes (au cimetière de la Bouteillerie).     
Une influence de la plateforme aéroportuaire sur les concentrations en NO2 mesurées sur le site n°1 a été constatée, avec des niveaux relevés de même ordre qu’en milieu urbain. L’exposition élevée de ce site aux vents provenant de la plateforme aéroportuaire, ainsi que sa proximité à la plateforme expliquent cette influence observée.

Situation durant la campagne par rapport aux valeurs réglementaires pour le NO2

Au sein de la plateforme, les concentrations sont influencées par les activités de celle-ci sur 5 des 6 sites. Parmi eux, 2 sites sont de même ordre qu’en milieu urbain (sites 12 et 15), les sites 14 et 16 intermédiaires entre urbain (+30 %) et trafic routier (-20 %), tandis que le site 13 comporte des niveaux comparables au milieu de trafic.

Un dépassement de la valeur guide de l’OMS de 25 µg/m3 à ne pas dépasser plus de 3 à 4 jours par an n’est pas à exclure compte tenu du dépassement de cette valeur en 2023 sur l’ensemble des stations urbaines de l’agglomération nantaise.


Le benzène

Les concentrations en benzène restent faibles durant la période de mesure, avec un niveau moyen de 0,66 µg/m3 au sein de la plateforme et de 0,64 µg/m3 en milieu de fond, contre 0,65 µg/m3 en milieu de trafic. 
Les niveaux sont plus faibles que lors des campagnes hivernales précédentes (-23 % en fond et -31 % au sein de la plateforme).
L’influence de la plateforme aéroportuaire n’a pas été démontrée.

Situation durant la campagne par rapport aux valeurs réglementaires pour le Benzène

L’objectif qualité fixé à 2 µg/m3 en moyenne annuelle, et à fortiori la valeur limite de 5 µg/m3 en moyenne annuelle ont une forte probabilité d’être respectés.

Les particules (PM10 et PM2.5) et l’ozone (O3)

Les niveaux de PM10, PM2.5 et en ozone à la ferme de la Ranjonnière sont bien corrélés aux concentrations relevées sur le site urbain du cimetière de la Bouteillerie. Aucune influence de la plateforme aéroportuaire n’a pu être mise en avant durant la campagne de 2025 sur les concentrations de ces trois polluants.

Situation durant la campagne par rapport aux valeurs réglementaires pour les PM et l'O3

Un dépassement des valeurs guides de l’OMS pour les PM2.5 est très probable (5 µg/m3 en moyenne annuelle et 15 µg/m3 en moyenne journalière à ne pas dépasser plus de 3 à 4 jours par an) compte tenu du dépassement de ces valeurs sur l’ensemble des stations de mesure dans la région. 
Concernant les PM10, un dépassement de la valeur guide de l’OMS de 45 µg/m3 n’est pas à exclure sachant que cette valeur a été dépassée en 2023 sur le site de la Bouteillerie. Pour les mêmes raisons, un dépassement du seuil d’information et de recommandation de 50 µg/m3 en moyenne journalière n’est également pas à exclure. 
Les valeurs guides de l’OMS pour l’ozone risquent d’être dépassées, sachant qu’elles sont dépassées sur l’ensemble des stations permanentes de la région.

Le dioxyde de soufre (SO2) et le monoxyde de carbone (CO)

Les niveaux en SO2 et CO sont très faibles et souvent proches ou inférieurs aux limites de détection des analyseurs. Aucune influence de la plateforme aéroportuaire n’a pu être mise en avant.

Situation durant la campagne par rapport aux valeurs réglementaires pour le SO2 et le CO

Le carbone suie (BC)

Les concentrations en carbone suie, liés à la combustion de biomasse sont comparables aux niveaux enregistrés en zone urbaine à la Bouteillerie. Celles relatives à la combustion d’hydrocarbures fossiles sont supérieures à la Ranjonnière qu’à la Bouteillerie, et semblent être influencées par la présence du périphérique. 
L’influence de la plateforme aéroportuaire sur les concentrations en carbone suie n’a pas pu être établie.

Situation durant la campagne par rapport aux valeurs réglementaires pour le carbone suie

Conclusions : une qualité de l’air caractéristique d’une zone périurbaine